100ème anniversaire de l'inauguration du monument aux Morts des Sables-d'Olonne
Le 11/11/2025 Anniversaire
Carte postale de l'inauguration du monument aux Morts, le 11 novembre 1925. Coll. AMLS, fonds Léo Leboucher, 44 Fi 1_18.
Le mardi 11 novembre 2025, la Ville des Sables-d’Olonne célèbrera un anniversaire hautement symbolique : le centenaire de l’un de ses monuments les plus emblématiques, familier du cœur de nombreux Sablais.
En effet, le monument aux morts situé place de la Liberté a été inauguré il y a tout juste cent ans. Le Journal des Sables relatait alors cet événement dans un article émouvant :
« Mercredi matin, 11 novembre, la Ville des Sables-d'Olonne inaugurait le monument élevé sur la place de la Liberté à la mémoire des soldats et marins sablais et chaumois tombés au Champ d'Honneur pendant la grande guerre de 1914 à 1918, dû au ciseau du sculpteur angevin M. Legendre, élève des maîtres Falguière et Antonin Mercier, de l'école des Beaux-Arts. Cette cérémonie, à laquelle la population entière assistait, fut grandiose dans sa simplicité. Le temps, un peu froid mais beau, la favorisa.
La Marseillaise, exécutée par la musique municipale, ouvre cette pieuse manifestation du souvenir. Puis, après une minute de recueillement, MM. Delalet et Ydier font l’appel des noms des héros gravés sur les plaques de marbre de la stèle. Quatre cent quarante noms sont lancés dans l’espace, auxquels MM. Chevet, Laidet et Favroult, grands mutilés, répondent d’une voix vibrante : “Mort pour la France !” Cette longue liste, écoutée dans le plus profond silence par la foule, forme une couronne vivante autour de “La Liberté” de granit, qui semble acclamer bien haut la gloire de ces martyrs. »
Le maire de l’époque, Félix Poiraud, prononça un discours empreint d’émotion :
« […] Ce monument restera comme le souvenir de notre attachement profond à ceux qui, généreusement, donnèrent leur sang pour conserver l'intégrité de la Patrie. Désormais, il fait partie de notre patrimoine ; il sera l'ornement de la place publique, il fera partie de notre vie quotidienne ; qu'il soit aussi notre réconfort moral. […] »
Surnommé par les habitants « la statue de la Liberté », le monument aux morts est une œuvre monumentale de huit mètres de haut, taillée dans un granit clair de Kersanton. Elle représente La Victoire ailée, allégorie de la République victorieuse, réalisée par le sculpteur angevin Maurice Legendre (1875-1964). À ses pieds se dressent quatre bustes de "Poilus" et de "Marsouins" incarnant les soldats et marins sablais ayant combattu durant la Grande Guerre.
L’ensemble comprend une plateforme en ciment armé, un socle en granit, quatre plaques de marbre gravées des noms des Sablais morts pour la France, ainsi que deux éléments en bronze – les armes de la ville et des palmes.
L’inscription d’origine, « La Ville des Sables-d’Olonne à ses enfants morts pour la France 1914-1918 », fut remplacée en 1955 par une version intemporelle : « La Ville des Sables-d’Olonne à ses enfants morts pour la France » (délibération du Conseil municipal du 5 février 1955).
En 1970, deux stèles en granit bouchardé furent ajoutées au pied du monument. Réalisées par le sculpteur Pierre Vincent, granitier au Poiroux, elles portent les noms des 119 soldats et civils tombés pendant la Seconde Guerre mondiale ainsi que ceux morts en Indochine, en Afrique du Nord et dans les territoires d’outre-mer.
Parmi les 1 400 000 soldats français morts pour la France durant la Première Guerre mondiale, la Ville des Sables-d’Olonne perdit à elle seule 685 hommes : 455 Sablais, 128 Olonnais et 112 Castelonnais. Tous sont morts sur les champs de bataille, dans les hôpitaux militaires ou des suites de leurs blessures.
Face à cette tragédie, et comme tant d’autres communes françaises, la Ville décida dès 1919 d’ériger un monument en hommage à ses enfants disparus. Le projet fut confié en 1922 à Maurice Legendre, ami personnel de l’architecte sablais Maurice Durand.
Le coût total de cette œuvre, aujourd’hui centenaire, s’éleva à 115 000 francs. Deux autres monuments aux morts furent également érigés : au Château-d’Olonne en 1921 et à Olonne-sur-Mer en 1922, afin que nul n’oublie le sacrifice de ces hommes morts pour la France.
