28 août 1944, la Libération des Sables-d'Olonne

Histoire de ...

En août 1944, une forte tension règne au Pays des Olonnes. En effet, les débarquements conjugués des Alliés en Normandie puis en Provence font craindre à l’armée allemande de se retrouver prise en tenaille sur le territoire français. Aussi, au cours du mois d’août, celle-ci cherche à se replier au plus vite vers la frontière du Rhin.

D'importantes pertes allemandes au large des Sables

L’aviation alliée étant maîtresse des airs, celle-ci fait subir d’importantes pertes à la flotte allemande qui passe au large des côtes vendéennes. Ainsi, le 6 août, l’escorteur rapide SG3 est coulé en rade des Sables par la Royal Air Force, scène immortalisée par le peintre sablais Émile Roy qui fait l’objet du document du mois. Le 22 suivant, c’est au tour du Jean-Marthe et de l’August Bösch d’être envoyés par le fond dans les mêmes circonstances.

Donc, dès la mi-août, les autorités allemandes intensifient nettement leurs préparatifs de départ.
À partir du 24, sur ordre de la Feldkommandantur, toute circulation routière hors de l’agglomération des Sables-d’Olonne est interdite à la population (sauf pour les agriculteurs). Les soldats réquisitionnent vélos et chevaux, brûlent ce qu’ils ne peuvent emporter, cachent les munitions laissées sur place et détruisent les installations militaires. Les opérations de déménagement et réquisitions se poursuivent jusqu’au 27 août, jour où un couvre-feu est instauré à partir de 20 h. Des consignes strictes sont données aux Chaumois et aux Sablais de laisser ouvertes leurs portes et fenêtres. Les Allemands quittent alors la ville dans la nuit, après avoir détruit les jetées, les portes du bassin à flot et de nombreux ouvrages défensifs susceptibles de servir aux forces alliées. Ils coulent également un navire afin de bloquer l’accès au port. La tour Arundel est aussi menacée de destruction mais l’intervention de plusieurs personnalités locales dont le sous-préfet M. Charollais, le commandant de la place, l’ingénieur des Ponts et Chaussées M. Renollaud et M. Mainard, l’adjoint municipal à La Chaume, permet son sauvetage in-extremis.

Les Sables, 1re ville de Vendée libérée

Le 28 août 1944, les Sables-d’Olonne devient ainsi la première ville de Vendée à être libérée, une libération « opérée par anticipation sans l’accord des FFI ». Mais la joie est telle que, rapidement, les maisons particulières et les édifices publics sont pavoisés aux couleurs de la France. Dès le lendemain, les troupes FFI s’organisent et s’installent au Centre de perfectionnement des Sables-d’Olonne. Une quarantaine de maquisards venant de la Roche-sur-Yon arrivent les jours suivants.
Les groupes armés en présence choisissent le capitaine Louis L’Hélias pour commandant des FFI de la place des Sables-d’Olonne.
Aux scènes de liesse se mèlent également des règlements de comptes dans les jours qui suivent le départ des Allemands, notamment des femmes accusées de collaboration qui sont tondues en place publique devant une foule nombreuse.

Mais la guerre n'est malheureusement pas terminée. En effet, des troupes allemandes essaient de revenir en ville le 30 août mais les FFI des groupes Caze et Renou leur interdisent le passage par les portes de Talmont et du Château-d'Olonne, où « la Bataille des portes » se déroule les 30 et 31 août 1944.

Le 10 septembre 1944, le drapeau tricolore flotte officiellement à la Caserne Machet (Abbaye Sainte-Croix) et le 17 septembre, le département de la Vendée est officiellement libéré.

Les édifices pavoisés aux couleurs de la France

Plusieurs fêtes sont organisées sur le territoire, célébrant la victoire mais aussi les troupes et résistants ayant agi pour elle et les célébrations de la Libération dureront jusqu’à l’automne. Le 24 septembre, la ville d’Olonne-sur-Mer organise une fête dite de la délivrance avec défilé dans le bourg suivi d’un dépôt de gerbe de fleurs aux Monuments aux Morts, « sur les tombes réservées à nos compatriotes et sur les tombes des marins anglais morts pour leur patrie ». Le 1er octobre 1944, la ville des Sables organise sa propre Fête de la Libération tandis qu’en novembre 1944, une fête de la Libération est aussi organisée par la municipalité du Château-d’Olonne, de concert avec le Comité communal de Libération.

En ce mois d’août 2023, les Archives municipales mettent à votre disposition sur ce site une exposition virtuelle sur les affiches de la Seconde Guerre mondiale, un guide des sources pour vous aider dans vos recherches mais également de nombreuses archives numérisées comme un guide touristique à destination des soldats allemands en cantonnement aux Sables-d’Olonne (1940) ou des photographies de la Ville prises durant l’Occupation.
N’hésitez pas à venir consulter le reste de nos fonds d’archives à ce sujet dans notre salle de lecture, à l’Hôtel de ville central !